Infection au virus de l’hépatite C : Traitement aux cannabinoidres?

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Si le virus de l’hépatite C (VHC) attaque les cellules du foie, une inflammation aiguë et chronique du foie peut se développer. Normalement, la maladie peut être guérie en trois mois environ. Dans quelques cas seulement, une infection chronique par le VHC se développe. En l’absence de traitement approprié, l’infection peut entraîner une insuffisance hépatique ou un cancer du foie.

Plus de 70 millions de personnes sont touchées dans le monde. Le virus se transmet par le sang. Ainsi, les voies d’infection les plus courantes sont le partage de seringues entre toxicomanes, les transfusions sanguines et la stérilisation inadéquate du matériel médical.

Le virus de l’hépatite C peut également être transmis d’une mère infectée à son bébé. Toutefois, le virus n’est pas transmissible par le lait maternel.

Pendant de nombreuses années, le traitement standard consistait en une thérapie combinée d’interféron alfa pégylé et de ribavirine, qui entraînait de graves effets secondaires. Entre-temps, des médicaments dotés d’un nouveau mécanisme d’action ont été mis au point pour intervenir directement à différents points du cycle de multiplication du virus. Il s’agit des « DAA » (Direct Acting Antivirals). Ils contiennent un ou plusieurs principes actifs (par exemple, elbasvir/grazoprévir, ombitasvir/paritaprévir/ritonavir ou sofosbuvir/velpatasvir) qui se caractérisent par un profil d’effets secondaires favorable.

Les antagonistes CB1 inhibent la réplication du VHC

Les chercheurs de l’Université de Sydney ont indiqué dans leur étude que le métabolisme des lipides est étroitement lié à la réplication du VHC et que les endocannabinoïdes sont des régulateurs importants de l’homéostasie lipidique, c’est-à-dire de l’équilibre du métabolisme des lipides (1).

Dans le modèle de culture cellulaire, les récepteurs cannabinoïdes 1 (CB1) ont pu être détectés dans le foie des patients atteints d’une hépatite chronique. Les chercheurs ont donc cherché à savoir si le blocage de CB1 à l’aide de l’antagoniste CB1 AM251 pouvait inhiber la réplication du virus.

Le résultat indique, entre autres, que la production de nouvelles particules virales et l’infectivité du virus ont diminué de manière significative. En outre, l’AM251 a favorisé l’oxydation des lipides. Par conséquent, les antagonistes CB1 pourraient constituer une toute nouvelle classe de médicaments dans le traitement, selon les chercheurs. Jusqu’à présent, seuls les résultats d’études in vitro sont disponibles, les études cliniques font défaut.

Consommation de cannabis et stéatose: résultats d’études contradictoires

La stéatose (foie gras) se développe souvent chez les patients atteints d’hépatite chronique. Il s’agit d’une maladie du foie dans laquelle les graisses sont stockées dans les cellules hépatiques. Deux études suggèrent que les endocannabinoïdes peuvent favoriser le foie gras en activant le CB1. C’est pourquoi des chercheurs français ont étudié l’influence de la consommation récréative de cannabis sur la gravité de l’adiposité chez les patients atteints d’hépatite chronique (2).

L’étude a porté sur 315 patients qui ont subi une biopsie du foie. Par la suite, les patients ont été interrogés sur leur consommation de cannabis, d’alcool et de tabac. Il y avait des non-consommateurs de cannabis (63,5 %), des fumeurs occasionnels de cannabis (12,4 %) et des fumeurs quotidiens de cannabis (24,1 %).

Les patients qui consommaient quotidiennement du cannabis étaient plus susceptibles d’avoir un foie gras prononcé que les fumeurs occasionnels de cannabis et les non-consommateurs.

Des chercheurs de l’Université d’Ottawa (3) sont arrivés à une conclusion différente. Ils ont analysé les données (notamment les résultats de la biopsie du foie, la gravité de la stéatose, les résultats du traitement, la consommation de cannabis) de 550 patients atteints du VHC qui ont été traités à l’hôpital d’Ottawa entre 2000 et 2009. Ces données n’ont pas permis de déduire que la consommation de cannabis avait un effet négatif sur la stéatose.

Le CBD contre l’infection par le virus de l’hépatite C

Jusqu’à présent, l’utilisation potentielle du cannabidiol (CBD) en tant qu’antiviral n’a reçu qu’une attention limitée et il n’est pas clair si le CBD pourrait être efficace contre le virus de l’hépatite C.

Des chercheurs de l’École de médecine de l’Université du Maryland à Baltimore ont montré que le CBD pouvait inhiber la réplication du VHC de plus de 85 % in vitro (4).

Bien qu’il existe des indications d’un effet antiviral du CBD dans la littérature, il est trop tôt pour en déduire une thérapie. D’autres recherches et études cliniques sont encore nécessaires.

Sources

(1) Shahidi M, Tay ESE, Read SA, Ramezani-Moghadam M, Chayama K, George J, Douglas MW. Endocannabinoid CB1 antagonists inhibit hepatitis C virus production, providing a novel class of antiviral host-targeting agents. J Gen Virol. 2014 Nov;95(Pt 11):2468-2479. doi: 10.1099/vir.0.067231-0. Epub 2014 Jul 22. PMID: 25053565.

(2) Hézode C, Zafrani ES, Roudot-Thoraval F, Costentin C, Hessami A, Bouvier-Alias M, Medkour F, Pawlostky JM, Lotersztajn S, Mallat A. Daily cannabis use: a novel risk factor of steatosis severity in patients with chronic hepatitis C. Gastroenterology. 2008 Feb;134(2):432-9. doi: 10.1053/j.gastro.2007.11.039. Epub 2007 Nov 28. PMID: 18242211.

(3) Liu T, Howell GT, Turner L, Corace K, Garber G, Cooper C. Marijuana use in hepatitis C infection does not affect liver biopsy histology or treatment outcomesv. Can J Gastroenterol Hepatol. 2014;28(7):381-384. doi:10.1155/2014/804969

(4) Lowe HI, Toyang NJ, McLaughlin W. Potential of Cannabidiol for the Treatment of Viral Hepatitis. Pharmacognosy Res. 2017 Jan-Mar;9(1):116-118. doi: 10.4103/0974-8490.199780. PMID: 28250664; PMCID: PMC5330095.

About Alexandra

Alexandra Latour verfügt über langjähre Erfahrungen als Autorin im medizinischen Bereich. Ab dem Jahr 2017 hat sie sich als Medical Writer auf das Thema Cannabis als Medizin spezialisiert und war für Leafly Deutschland tätig.