Colite ulcéreuse et cannabis médical

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De nombreuses études soulignent le potentiel médicinal de la plante de cannabis. On pense, entre autres, que ses ingrédients ont des effets analgésiques et anti-inflammatoires, qui pourraient être bénéfiques dans la maladie chronique qu’est la colite ulcéreuse.

Comme la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse (CU) est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI). Alors que seul le rectum et, dans certains cas, le côlon sont enflammés dans la colite ulcéreuse, l’ensemble du tube digestif est touché dans la maladie de Crohn.

Une autre caractéristique distinctive des deux maladies est que le foyer d’inflammation dans la colite ulcéreuse est généralement limité à la membrane muqueuse de l’intestin (couche supérieure de la paroi intestinale). Dans la maladie de Crohn, en revanche, les centres d’inflammation peuvent s’étendre à toutes les couches de la paroi intestinale.

Caractère commun et évolution de la maladie

En France, environ 4500 personnes développent cette maladie par an. Elle survient généralement entre 20 et 40 ans. Les femmes et les hommes sont touchés de la même manière. La maladie intestinale inflammatoire chronique est récurrente chez plus de 80 % des patients. Cela signifie qu’il y a à la fois des rechutes aiguës avec de forts symptômes et des phases sans symptômes. Cependant, la RCH peut également suivre un cours chronique et continu sans phases sans symptômes. C’est le cas d’environ 10 % des personnes atteintes de RCH.

Causes et facteurs de risque

Les causes et les facteurs de risque de la plupart des inflammations intestinales chroniques sont inconnus. Cela vaut également pour la colite ulcéreuse. On pense que les facteurs génétiques jouent un rôle important car la colite est plus fréquente dans les familles. Les frères et sœurs des personnes atteintes de colite ulcéreuse ont environ 10 à 50 fois plus de risques de développer la maladie que les autres personnes.

Toutefois, une prédisposition génétique ne conduit pas automatiquement à l’apparition de la maladie. D’autres facteurs, tels que des infections, une mauvaise alimentation, des problèmes psychologiques ou un système immunitaire perturbé, peuvent également être impliqués dans le développement de la maladie.

Symptômes de la colite ulcéreuse

La maladie commence généralement lentement et n’est pas remarquée par les personnes concernées. Si l’inflammation continue à se propager dans l’intestin, les symptômes suivants peuvent apparaître :

  • Diarrhée sanglante à mucus
  • Douleur de type crampe dans le bas de l’abdomen, souvent avant d’aller à la selle
  • Douleur abdominale de type crampe, souvent dans le bas-ventre gauche
  • Une douloureuse envie de déféquer
  • Une légère fièvre
  • Inciter à déféquer la nuit
  • Flatulence
  • Anémie causée par une diarrhée sanglante
  • Perte de poids, fatigue, perte de performance

Certains patients souffrent également d’autres symptômes, tels que :

  • Inflammation des articulations, de la colonne vertébrale, du sacrum ou des yeux
  • Ostéoporose
  • Modifications de la peau (petits ulcères, nodules rouge-violet)
  • Inflammation des voies biliaires

En outre, la colite ulcéreuse peut également entraîner des complications, telles que le mégacôlon toxique, dans lequel l’intestin se dilate fortement lorsque l’inflammation s’étend à toute la paroi intestinale. En conséquence, l’intestin n’est plus capable de transporter les selles car il est paralysé (iléus paralytique). Il y a alors un risque d’éclatement de l’intestin (rupture intestinale). Le contenu de l’intestin pénètre dans la cavité abdominale et une péritonite dangereuse se développe.

Si les patients souffrent de symptômes tels qu’un abdomen dur, distendu et douloureux et une forte fièvre, cela peut indiquer une telle complication et une ambulance d’urgence doit être immédiatement appelée. C’est d’autant plus vrai qu’une rupture intestinale peut mettre la vie en danger !

Colite ulcéreuse : traitement et thérapie

La cause de la maladie intestinale inflammatoire UC n’est pas encore connue. Par conséquent, le but du traitement est de soulager les symptômes et de prolonger les phases sans symptômes. Différents médicaments sont utilisés pour y parvenir :

L’acide 5-aminosalicylique (5-ASA) est un médicament anti-inflammatoire qui est prescrit sous la forme d’un précurseur de la mésalazine sous forme de comprimés, de suppositoires, de mousse ou de lavements. Les corticoïdes (cortisone) ont également un effet anti-inflammatoire et sont utilisés soit sous forme de suppositoires, de lavements ou de comprimés.

Les deux médicaments dont le principe actif est la mésalazine ou la cortisone peuvent provoquer des effets indésirables graves. Les effets secondaires possibles sont les suivants:

  • Eruption cutanée
  • Maux de tête
  • Étourdissements
  • Difficultés respiratoires
  • Inflammation du muscle cardiaque et/ou du péricarde
  • Gain de poids
  • Sensibilité aux infections

Si la maladie est grave ou si la cortisone ne fonctionne pas, certains patients reçoivent des médicaments immunosuppresseurs (par exemple le méthotrexate, l’azathioprine ou la ciclosporine). Ces médicaments peuvent avoir un effet positif sur l’évolution de la maladie. Toutefois, les anticorps TNF (par exemple Infliximab, Glimumab ou Adalimumab), qui inhibent le messager inflammatoire TNF, peuvent également être envisagés. Des effets secondaires graves peuvent survenir lors de la prise de médicaments immunosuppresseurs et d’anticorps TNF :

  • Hypertension artérielle
  • Augmentation des taux de sucre et de cholestérol dans le sang
  • Nausées, vomissements et diarrhées
  • Dommages aux reins et au foie

Les médicaments utilisés dans le cadre d’un traitement dépendent toujours d’un certain nombre de facteurs, notamment de l’étendue des symptômes et du degré de propagation de l’inflammation dans les intestins.

Outre la pharmacothérapie, il est important pour les patients de veiller à avoir une alimentation variée et équilibrée et d’éviter les composants alimentaires difficiles à digérer et les épices piquantes pendant un épisode aigu.

Les patients souffrent souvent aussi de symptômes de carence, tels qu’une carence en acide folique, en zinc, en fer et en vitamine B12. Si une carence ne peut être compensée par un régime alimentaire, les médecins peuvent également prescrire des préparations à forte dose.

Le cannabis médical pour l’inflammation chronique

Diverses études ont déjà fourni des preuves évidentes que les processus inflammatoires sont contrôlés par le système endocannabinoïde, entre autres. Les récepteurs cannabinoïdes CB1 et CB2 ont été trouvés dans le tube digestif. Il est donc possible de les activer en administrant des cannabinoïdes.

Les chercheurs ont découvert que les récepteurs cannabinoïdes 2 pourraient jouer un rôle particulier dans le tractus intestinal. (1) Bien que la présence et la fonction des récepteurs CB2 dans le tractus gastro-intestinal n’aient pas été bien étudiées, les résultats obtenus jusqu’à présent sont prometteurs. Par exemple, les récepteurs CB2 pourraient être impliqués dans la régulation de la motilité anormale (mouvement des intestins), la modulation de l’inflammation intestinale et la limitation de la sensibilité et de la douleur viscérales. Selon les chercheurs, les récepteurs cannabinoïdes 2 représentent un système de freinage et un mécanisme physiopathologique pour résoudre l’inflammation et nombre de ses symptômes. L’activation des récepteurs CB2 est donc une cible thérapeutique très prometteuse dans les affections intestinales inflammatoires impliquant une activation immunitaire et un dysfonctionnement de la motilité.

Les chercheurs italiens, en revanche, se sont penchés sur les récepteurs CB1 et, dans leur étude, ils affirment qu’il existe des preuves de la présence de fortes concentrations d’endocannabinoïdes (anandamide et 2-arachidonoylglycérol) dans le tube digestif et d’enzymes intervenant dans la synthèse et le métabolisme des endocannabinoïdes (les propres cannabinoïdes de l’organisme). (2) Des études immunohistochimiques ont également montré la présence de récepteurs CB1 sur les plexus nerveux le long du tube digestif.

Des études pharmacologiques ont également montré que l’activation des récepteurs CB1 peut entraîner une relaxation du sphincter oesophagien inférieur, une inhibition de la motilité gastrique et de la sécrétion d’acide, ainsi qu’une inhibition de la motilité et de la sécrétion intestinale. Cette inhibition est due à une réduction de la libération de la substance messagère acétylcholine par les nerfs entériques. Ce système nerveux entérique est constitué d’un réseau complexe de cellules nerveuses (neurones) qui parcourent tout le tractus gastro-intestinal.

Inversement, les endocannabinoïdes semblent stimuler les neurones sensoriels primaires de l’intestin par l’intermédiaire du récepteur vanilloïde VR1. Le système des endocannabinoïdes est donc impliqué dans le contrôle physiologique de la motilité intestinale et dans certains états physiopathologiques, notamment l’iléus paralytique, l’inflammation intestinale et la diarrhée induite par les toxines du choléra.

En outre, les chercheurs affirment que le système endocannabinoïde pourrait représenter une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement d’un certain nombre de maladies gastro-intestinales, notamment les nausées et vomissements, les ulcères gastriques, la diarrhée, l’iléus paralytique, les maladies inflammatoires de l’intestin et le reflux gastro-œsophagien.

Le cannabis médical dans le traitement des maladies intestinales chroniques

En 2017, des chercheurs autrichiens ont déclaré dans leur étude qu’il était connu, grâce à des enquêtes et à de petits essais cliniques sur des patients atteints de colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn, que le cannabis est souvent utilisé pour soulager la diarrhée, les douleurs abdominales et la perte d’appétit. (3) Des cannabinoïdes individuels dérivés du cannabis, tels que le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD), sont responsables de cet effet bénéfique.

Les chercheurs ont examiné les données récentes sur les effets du cannabis dans des modèles expérimentaux de maladies inflammatoires de l’intestin et dans des essais cliniques impliquant des patients atteints de MICI. Ils ont conclu que les cannabinoïdes pourraient être utiles pour certains symptômes de la colite ulcéreuse et de la maladie de Crohn, mais qu’il y a un manque d’essais cliniques supplémentaires pour prouver l’efficacité, la tolérabilité et la sécurité des médicaments à base de cannabinoïdes chez les patients atteints de MICI.

Il convient de noter en particulier une étude britannique dans laquelle des chercheurs ont traité des rats atteints de colite ulcéreuse avec du THC et du CBD. (4) Les chercheurs ont utilisé la sulfasalazine comme agent de contrôle. Les trois substances ont montré un effet positif. Un effet particulièrement bénéfique a été observé lors du traitement au THC. Enfin, les chercheurs ont conclu que le THC et le CBD avaient non seulement un effet anti-inflammatoire dans le modèle du rat, mais qu’ils réduisaient également l’incidence des dysfonctionnements intestinaux.

À l’université de Tel-Aviv en Israël, 13 patients atteints de CED ont reçu un traitement au cannabis pendant trois mois. (5) La dose était de 50 grammes de cannabis par mois, administrés par inhalation. Les 13 patients ont tous déclaré après la thérapie que l’utilisation du cannabis avait un effet positif sur la douleur chronique. Ils ont également indiqué que leur humeur s’était améliorée et qu’ils avaient tous pris du poids.

Conclusion

La situation actuelle des études concernant l’utilisation des cannabinoïdes médicaux dans le traitement des maladies intestinales chroniques telles que la colite ulcéreuse est prometteuse, même si l’implication du système endocannabinoïde dans les processus inflammatoires et l’effet exact des cannabinoïdes THC et CBD n’ont pas encore été clarifiés de manière concluante. Il est à espérer que d’autres essais cliniques avec un plus grand nombre de participants seront menés à l’avenir afin de clarifier pleinement le mode d’action du cannabis et de ses ingrédients.

(1) Wright KL, Duncan M, Sharkey KA. Cannabinoid CB2 receptors in the gastrointestinal tract: a regulatory system in states of inflammation. Br J Pharmacol. 2008;153(2):263-270. doi:10.1038/sj.bjp.0707486

(2) Izzo AA, Coutts AA. Cannabinoids and the digestive tract. Handb Exp Pharmacol. 2005;(168):573-598. doi:10.1007/3-540-26573-2_19

(3) Hasenoehrl C, Storr M, Schicho R. Cannabinoids for treating inflammatory bowel diseases: where are we and where do we go?. Expert Rev Gastroenterol Hepatol. 2017;11(4):329-337. doi:10.1080/17474124.2017.1292851

(4) Jamontt JM, Molleman A, Pertwee RG, Parsons ME. The effects of Delta-tetrahydrocannabinol and cannabidiol alone and in combination on damage, inflammation and in vitro motility disturbances in rat colitis. Br J Pharmacol. 2010;160(3):712-723. doi:10.1111/j.1476-5381.2010.00791.x

(5) Naftali T, Bar-Lev Schleider L, Dotan I, Lansky EP, Sklerovsky Benjaminov F, Konikoff FM. Cannabis induces a clinical response in patients with Crohn’s disease: a prospective placebo-controlled study. Clin Gastroenterol Hepatol. 2013;11(10):1276-1280.e1. doi:10.1016/j.cgh.2013.04.034

About Alexandra

Alexandra Latour verfügt über langjähre Erfahrungen als Autorin im medizinischen Bereich. Ab dem Jahr 2017 hat sie sich als Medical Writer auf das Thema Cannabis als Medizin spezialisiert und war für Leafly Deutschland tätig.

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